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Elle me regarde étonnée car je viens de la déranger pendant qu’elle se prenait le bec avec la mère de la fille-omelette, qui, d’ailleurs, ne cessent pas de l’insulter pendant qu’elle me répond « oui, bien sur, avant les fêtes de noël, et maintenant, faites la queue comme tout le monde ou j’vous fous une claque… » . J’entends aussi la mère me dire « moi aussi, avec ma petite fille, écartez vous que je lui fasse la peau… ». Je m’éloigne du champ de bataille et retourne discuter avec les « calmes ». Eux, me répondent tous qu’ils ne se sont pas fait vacciner, ni contre la grippe saisonnière, ni contre la grippe H1N1.
C’est aussi mon cas car je suis plutôt anti-médicaments et vaccins. Je n’ai dû attraper la grippe que deux fois en cinquante ans et la seule fois où je me suis fait vacciner, c’était sur conseil de mon médecin après ma pneumonie en octobre 2001. J’avais trouvé la qualification de pandémie plutôt surestimée par l’OMS ainsi que les mesures prises par tous les gouvernements qui ont suivi leurs conseils. Je n’ai pas acheté de masque, ni de solution hydro-alcoolique, car je me lave toujours régulièrement les mains, et particulièrement après être passé aux toilettes. J’ai juste dû boire une ou deux verres de Ricard en plus car celui-ci a les mêmes composants que le Tamiflu et doit être à peu près aussi inefficace que lui.
Là, je pense à un film d’horreur style Romero où les gens se sont transformés en zombies tueurs après une campagne de vaccination mondiale… On n’est pas encore là car les mots, en général, ne tuent pas… Le vaccin semble bien en cause et je cherche à comprendre ce qui a déclenché ce phénomène aujourd’hui, plus de six mois après la campagne nationale. Le soleil commence à chauffer sérieusement et fait fondre les dernières traces de l’orage sur le bitume. L’orage, c’est ça, ça doit être l’orage, le premier de la saison, presqu’aussi fort que celui du 23 juin 2005 où plusieurs caves du quartier et le café « La petite coupole » près de la gare avaient été inondés. Peut-être une relation avec l’ozone qui donne cette caractéristique odeur de frais, mais mes connaissances scientifiques ne me permettent pas de faire d’autres suppositions.
Les symptômes ont donc commencé aux premières lueurs de l’aube après un soir d’orage et touchent tous ceux qui se sont fait vacciner contre la grippe H1N1…