Important : la lecture des épisodes précédents dans l'ordre chronologique est indispensable.

S’il s’est fait vacciner, on peut s’attendre au pire pour la gouvernance de la France et puis, c’est lui qui a les commandes de l’arme nucléaire…

Il habite en général à la Lanterne sur la route de Saint Cyr mais ça doit être impossible de l’approcher par là. Comme je l’ai fait plusieurs fois au cours de mes préparations au Marathon de Paris, il fait souvent son jogging autour du grand canal qui offre un parcours plat en forme de croix d’environ six  kilomètres. Il avait fait la une des journaux après avoir fait un malaise qui n’avait rien de vagal. J’en ai fait un il y a trois ans pendant un entrainement consécutif à un repas un peu lourd et je peux vous dire qu’il n’y aucun rapport entre tomber d’un seul coup le nez dans la poussière et faire plusieurs kilomètres en suffoquant avant de s’arrêter complètement épuisé, signe d’un problème cardiaque ou d’un amalgame de surmenage et de stress.

 

Arrivé à la place d’Armes, je passe devant la statue équestre de Louis XIV puis je contourne le château par la gauche. Je prends la route de St Cyr et passe devant l’orangerie puis l’escalier monumental des « cent-marches » qui fait face à la pièce d’eau des Suisses.

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Je me gare un peu avant l’entrée et je cours avec les forces qu’il me reste vers le grand canal. Je me dirige vers le restaurant « La Flotille » car je ne vais pas me mettre à faire un tour et risquer de ne jamais le rattraper s’il va dans le même sens que moi. Au maximum, je vais attendre une trentaine de minutes avant qu’il me croise ou que je l’aperçoive. Je m’assieds près des barques et regarde passer les premiers touristes et les joggers du petit matin.

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 Au bout de cinq minutes de contemplation, je suis presque réveillé par un attroupement qui me fonce dessus en criant. Au milieu d’un groupe de trente coureurs de toute nature allant du gendarme au retraité en survêtement violet, je devine notre président qui tente de crier plus fort que les autres tout en maintenant un rythme assez lent pour ne pas les distancer. Les paroles échangées ont parfois un rapport avec la politique, parfois au sport, parfois au château de Versailles, le tout avec cette haine que j’avais notée les autres fois.

 Comme aucun ne semble vouloir en venir aux mains, je me décide à les suivre tout en restant un peu à l’écart de cet étrange cortège. Profitant d’un petit virage, je m’approche du président et …

 

Bon, allez, je ne vais pas pousser trop loin la mégalomanie en sauvant la République française et, pourquoi pas,  la planète comme Superman.

J’espère que vous avez pris autant de plaisir à lire ces quelques chapitres ou j’ai mis en scène ma propre vie, celle de mon quartier et de ma ville dans une histoire qui mêle l’actualité et la fiction (à moins que les premiers orages de l’été….)

 

Par Dazman - Publié dans : Hain1
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J’en parle avec les gens calmes autour de moi pendant que les cris et injures continuent de fuser au cœur du marché. N’ayant toujours aucune nouvelle de la police, je décide de prendre ma voiture pour me rendre au commissariat. Je passe au ralenti devant le marché, pas rassuré par les réactions possibles de tous les « vaccinés ». Je rejoins l’avenue de Paris aux octrois de Porchefontaine, puis je passe devant le lycée La Bruyère où ma fille ainée a étudié et où arrive la course à pied « Paris Versailles » tous les ans vers fin septembre.

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Je me gare un peu avant le commissariat et je continue à pied.  Je suis très surpris de ne trouver aucun planton devant la grande entrée car il y en avait toujours un à chaque fois où je suis venu porter plainte pour des petits dégâts occasionnés à mes voitures pendant les « terribles nuits versaillaises ». Je rentre et en m’approchant de l’accueil sur la gauche, je comprends vite pourquoi personne n’est intervenu ce matin au marché. Le phénomène est identique avec une énorme mêlée de policiers mais aussi de plusieurs couples de personnes âgées qui doivent être venu déposer contre leur conjoint. On dirait que la majorité de nos forces de police s’est fait vacciner car un seul d’entre eux essaie en vain de ramener le calme. Ce n’est pas là que je vais trouver du secours…

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Je rejoins ma voiture et je pense soudain à notre ministre de la santé, la plantureuse Roselyne Bachelot, qui doit être en train de se crêper le chignon avec son mari. Elle, je l’ai vu se faire vacciner devant les caméras de télévision pour montrer l’exemple au moment où certains parlaient de la dangerosité possible et du manque d’essais cliniques qui ne permettait même pas de savoir si une seule dose suffisait. Après les loupés et le flop de la vaccination et la rétrogradation de la pandémie en simple épidémie par de nombreux experts, l’OMS et le gouvernement ont été fortement critiqués pour avoir fait le jeu des entreprises pharmaceutiques. La commission parlementaire n’a toujours pas rendu ses conclusions après l’enquête qu’elle a menée sur les erreurs, les gâchis et les éventuels conflits d’intérêt. Ah, Roselyne, tu n’as pas fini d’en baver et Nicolas,Ni.........; nom de dieu, est-ce qu’il s’est fait vacciner, celui-là ?  

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Elle me regarde étonnée car je viens de la déranger pendant qu’elle se prenait le bec avec la mère de la fille-omelette, qui, d’ailleurs, ne cessent pas de l’insulter pendant qu’elle me répond « oui, bien sur, avant les fêtes de noël, et maintenant, faites la queue comme tout le monde ou j’vous fous une claque… » . J’entends aussi la mère me dire « moi aussi, avec ma petite fille, écartez vous que je lui fasse la peau… ». Je m’éloigne du champ de bataille et retourne discuter avec les « calmes ». Eux, me répondent tous qu’ils ne se sont pas fait vacciner, ni contre la grippe saisonnière, ni contre la grippe H1N1.

 C’est aussi mon cas car je suis plutôt anti-médicaments et vaccins. Je n’ai dû attraper la grippe que deux fois en cinquante ans et la seule fois où je me suis fait vacciner, c’était sur conseil de mon médecin après ma pneumonie en octobre 2001. J’avais trouvé la qualification de pandémie plutôt surestimée par l’OMS ainsi que les mesures prises par tous les gouvernements qui ont suivi leurs conseils. Je n’ai pas acheté de masque, ni de solution hydro-alcoolique, car je me lave toujours régulièrement les mains, et particulièrement après être passé aux toilettes. J’ai juste dû boire une ou deux verres de Ricard en plus car celui-ci a les mêmes composants que le Tamiflu et doit être à peu près aussi inefficace que lui.

Là, je pense à un film d’horreur style Romero où les gens se sont transformés en zombies tueurs après une campagne de vaccination mondiale… On n’est pas encore là car les mots, en général,  ne tuent pas… Le vaccin semble bien en cause et je cherche à comprendre ce qui a déclenché ce phénomène aujourd’hui, plus de six mois après la campagne nationale. Le soleil commence à chauffer sérieusement et fait fondre les dernières traces de l’orage sur le bitume. L’orage, c’est ça, ça doit être l’orage, le premier de la saison, presqu’aussi fort que celui du 23 juin 2005 où plusieurs caves du quartier et le café « La petite coupole » près de la gare avaient été inondés. Peut-être une relation avec l’ozone qui donne cette caractéristique odeur de frais, mais mes connaissances scientifiques ne me permettent pas de faire d’autres suppositions.  

Les symptômes ont donc commencé aux premières lueurs de l’aube après un soir d’orage et touchent tous ceux qui se sont fait vacciner contre la grippe H1N1…

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Arrivé au carrefour, les cris deviennent audibles et me consternent. J’entends ma gentille et si calme  marchande d’œufs injurier une de ses clientes dont la petite fille dans sa poussette hurle également comme une furie. C’est compréhensible vu qu’elle a reçu un plateau d’une vingtaine d’œufs sur la tête et que l’omelette improvisée dégouline le long de son corps. Les fruits et légumes du marchand voisin sont répandus sur le sol comme une gigantesque salade-macédoine qui me rappelle l’état du marché Notre-Dame de Versailles où j’étais allé faire les courses après avoir slalomé autour des arbres répandus sur la route après la tempête du 26 décembre 1999.

 A la manière d’une célèbre scène d’Astérix, le marchand de poissons tient une truite par la queue et semble très énervé par un vieux client qui lui parle peut-être de la fraicheur de sa marchandise. Je m’approche prudemment et interroge un des vendeurs de fruits et légumes avec lequel ma fille avait travaillé quand elle avait besoin de se faire un petit pécule pour partir au Japon. Il m’explique que cela a commencé un peu avant 6h du matin quand son chef l’a pris à partie violemment pendant qu’il disposait les produits sur les étalages. Il me dit avoir appelé le 112 avec son téléphone portable vers 7h30 et être surpris de ne voir qu’aucune force de police ne soit encore intervenue sur place malgré plusieurs rappels et alors qu’il est presque 9h30.

Autour de nous, au fur et à mesure de l’arrivée des clients, les altercations se multiplient et je constate que ce sont souvent des personnes âgées, des jeunes femmes ou des enfants qui en sont les acteurs. Tous ceux qui essaient de les calmer sont injuriés, repoussés violemment et menacés de coups de poing et de pied et se retirent rapidement de ce combat singulier. Comme les autres personnes avec qui je discute tranquillement à la périphérie du marché,  je  ne ressens aucune animosité particulière et ne comprends pas ce qui arrive à tous ces gens. Pourquoi ont-ils tant de haine ?

Les discussions se poursuivent entre nous et nous décidons de quadriller le marché pour éviter que les agités n’en sortent et soient heurtées par un véhicule.  Je cogite un peu et une théorie commence à germer dans mon esprit. Je m’approche de la marchande d’œufs et je lui demande si elle a été vaccinée l’hiver dernier…

 

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Comme d’habitude, je me suis réveillé de bonne heure. Après l’orage d’hier soir, le soleil est réapparu ce matin. Il est 7h en ce samedi 19 juin 2010 quand je prends mon petit café et ma tartine avec du miel. Je me lave vite fait, j’enfile ma tenue et en route pour un petit jogging. Cette année j’ai fait l’impasse sur le Marathon de Paris, mais je compte de nouveau battre mon record sur Paris-Versailles comme l’année dernière : c’est ma course préférée que j’ai fait une dizaine de fois en trente ans et qui arrive à un kilomètre de chez moi depuis que j’ai déménagé il y a six ans. Depuis 10 ans, je fais de plus en plus de course à pied pour conserver la forme et perdre le poids amassé dès que je me laisse aller, comme pendant les fêtes de fin d’année. Pour mon deuxième Marathon, celui de Paris en 2008 parcouru en 3h51, j’ai perdu 10 kilos et retrouvé le poids que je faisais quand j’ai commencé à travailler il y a trente ans.

 Je sors de chez moi, je monte jusqu’au camping « Huttopia » où je fais quelques étirements. L’orage a fait dévaler de la terre sur la route et le sol est jonché de branchages. Une bonne montée dans la forêt et me voilà aux abords des zones pavillonnaires  de Vélizy. Je ne rencontre qu’un écureuil qui grimpe dans son arbre dès que je m’approche. Je prends un petit sentier qui serpente près des maisons. Le sol est bien meuble et les virages et les creux et bosses font bien travailler mes articulations. J’ai repris un entrainement régulier depuis Pâques et les jambes, comme le souffle, suivent bien ce matin. Mon check-up a montré que j’avais un cœur parfait et une bonne condition physique.

 Mon attention est soudain attirée par des cris qui proviennent d’une maison sur ma gauche. Un homme et une femme s’engueulent de façon très violente mais je ne comprends pas grand-chose à cette dispute matinale à cause de l’éloignement et des murs de leur maison.  Mes pas me portent vite hors de portée de ce lieu de discorde mais voilà que d’autres éclats de voix résonnent à mes oreilles. Surpris par cette coïncidence, je ralentis puis m’arrête complètement car là, je comprends tout ce qui se dit et je n’en reviens pas. Une femme qui semble assez âgée et qui a dû beaucoup fumer insulte son compagnon avec une rage incroyable. Elle le traite d’incapable et de tas de grossièretés que je ne peux relater ici. Elle lui dit qu’elle ne veut plus être sa bonne, qu’il peut se faire son petit déjeuner tout seul  et se le mettre où vous savez… L’homme n’y va pas de main morte non plus et leurs quarante ans de mariage volent en éclats avec quelques détails croustillants sur leur vie de couple mais aussi sur ses ébats extraconjugaux. Je ne sais pas s’il faut que j’en rigole ou s’il faut que j’aie de la compassion pour ce couple au comportement si étrange.

Je décide de reprendre ma course et de m’éloigner de ce torrent de boue qui devient difficile à supporter. J’espère tout de même que cette dispute se terminera bien vite et qu’ils n’en viendront pas aux mains. Tout cela me rappelle soudain les parties de belote ou mes grands-parents  s’injuriaient en yiddish avec des expressions comme « que la peau te pourrisse sur les os »  ou «gaï kaken» pour laquelle vous n’avez pas besoin de traduction. Je retourne vers l’A86 en essayant de trouver une explication à ces deux événements troublants. Avec les efforts et les difficultés du terrain, je  suis obligé de me concentrer sur ma course pour ne pas chuter. Comme à mon habitude, je fais travailler mon cœur à fond en faisant quatre côtes d’environ 500 mètres avec un fort dénivelé. Au bout d’une heure de course, je rentre à la maison et mon voisinage semble calme même s’il me semble entendre quelque chose au loin.

 Chez moi aussi tout est calme, ma femme et mes enfants dorment encore. Je bois un grand verre de jus d’orange et je me repose une demi-heure avant de prendre ma douche. Je prends un café avec mon épouse qui s’est enfin réveillée et je lui raconte ce que j’ai entendu ce matin. Je m’habille et je pars au marché de Porchefontaine tout proche car nous avons des invités ce soir.  C’est moi qui fait les courses et je connais bien la plupart des commerçants habituels. Arrivé devant la place, je suis de nouveau surpris par des éclats de voix, puis atterré par le spectacle qui s’offre à moi. 

Par Dazman - Publié dans : Hain1
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